Maniv’Elle

1 septembre 2013

Ses regards jouaient avec le juke-box de mes émotions…notre rencontre amorçait ma métamorphose. J’écoutais le groove de mon ventre, les spasmes de sa subite faiblesse.Cette femme est la manivelle de ma métamorphose!
Je n’étais plus à l’abri des difficultés, mais à l’entrée de la spirale qui allait me conduire à la découverte de moi-même.Chaque minute au contact de ma belle actionne un tour de maniv’ailes.
Aux pieds d’un building en briques roses, je m’étendais bercé par mon glou-glou abdominal.Les minutes paraissaient aussi longues que ses cheveux.
Sur le boulevard, j’observais les passants, le courant-d’air de leurs aller-venues me laissait imagnier que j’étais dans un grand cinéma climatisé.
Je m’apprêtais à la laisser seule sur le quai, torturé par la culpabilité. Le vent venait agiter sa coiffure , et mon visage se griffait des aiguilles à la pointe de ses cheveux.
La toux d’un voisin de compartiment me réveille brutalement. Je prends conscience de mon effroyable gueule de bois.

LE MONUMENT DES LÈVRES CLOSES

1 septembre 2013

Je l’ai connue rue de la Cornue, en face de l’Hôtel des Navires Truqués.
Comme une graine plantée dans la solitude de mon voyage et qui soudain avait germé, à mon réveil.

Tout en elle semblait m’indiquer la promesse d’un nouveau monde: l’échelle de ses longs cheveux coiffés en natte me menait tout naturellement au balcon allèchant de ses mamelles qu’un coup de soleil avait tâchées de rousseur et moi tout excité cherchant déjà à deviner sa lune…Autour de son bras gauche s’enroulait un aspic métallique.Ce fut comme un éclair dans l’azur et je courus me réfugier à l’ombre des statues. Ignorant si le génie des lieux m’invitait à être ou paraître, je contemplais sa silhouette errante.La peur de voir mon reflet dans ce bijou ensorcellant, me fit regagner le lit de ma solitude et dire adieu à ma graine.

 

Je retournais sur les lieux le lendemain, ma reine avait disparue . En passant devant les statues, je constatais qu’elles portaient le nom de « monument des lèvres closes ».

C’est à ce moment que j’entendis la clameur de la foule,  venue saluer la reine qui semblait me railler d’avoir fuis la belle et de m’être tu.

à coeur ouvert

1 septembre 2013

La clé de sa disparition figurait-elle sur ce bout de papier?. D’une main d’aveugle, je dépliais le moderne papyrus à l’allure d’une gueule cassée après un accident.. On en parle dans le journal, opération à coeur ouvert loupée car les membres du chirurgien n’étaient pas chauds. Depuis lui et moi on est en froid… Je crains toujours de faire sa rencontre au coin de la rue…

 

Son cul me fascinait plus que tout au monde, helas je dois faire une croix sur ce charmant revers… J’aurais souhaité m’unir à elle par un mariage blanc dans le seul but d’obtenir son cul jour et nuit. Main dans la main ma peine et moi dansions la farandole, quand la solution me vint à l’esprit:

Brûler son tableau préféré « les lampes d’argiles ».

Qu’on soit prince ou bedonnant à lunettes on est aimanté. Et à présent le tableau de son amant avait la tête tranchée et carbonisée..

LA CONFESSION SILENCIEUSE

1 septembre 2013

Comme un oiseau volant dans le brouillard , me voici maintenant en haut de l’échelle. Mon costume me donne l’allure d’un bijou prêt à poser le pied sur la chaîne d’un collier de cirque dont la musique forme l’écrin. Sous le fil, le relief est transparent, et l’on se sent moins maline. Dans l’éclair des projecteurs, je cherche le soutien qui puisse m’aider à assumer mon choix : traverser pour atteindre l’autre échelle. Le maitre de cérémonie accueille les spectateurs d’un ton assuré:  » des prodiges rien des prodiges sous notre chapiteau ! »

Dans ce quotidien spectaculaire,  je me perds parfois entre être ou paraître. C’est pourquoi j’ai souhaité répondre à l’appel à témoins issu d’une chronique intitulée  » les dernières fleurs d’automne » : si vous avez le sentiment d’être un esclave oublié…Je suis une femme qui joue les girouettes pour donner du rêve et lover les spectateurs dans le velours de l’ivresse. Pas besoin de paroles, seul mon corps se confesse, sous leurs yeux tendus vers le ciel. Saltimbanque ou déesse, esclave ou élue, qui peut comprendre ma vie de funambule?

Délirium très mince

1 septembre 2013
Une sorte de petit parasite qui se laisse aimanter par la flamme de cette femme me rappelle les représentations d’amour sur les gravures anciennes.
Ma langue en savourait les couleurs et les courbes. Face à ce divin tableau digne d’une Ecole d’art, mon désir était si puissant qu’il me donnait des sensations proches de la maladie.
Les gouttes de pluie jouaient le rôle d’un chronomètre, me berçant de la musique d’un clapotis aux allures du trot d’un cheval. Quand je pense que Charlotte a osé faire un mariage blanc avec ce romanichel !
Le salon ayant étanché ma soif de magazine, l’envie de m’élever pour rêver m’envahit…

J’allais en revanche colmater mon appétit des miettes d’ombre florissant sous le toit et mordre dans la chair d’une créature fantasmée. Je voulus mettre une étiquette sur cette embryon de mon imagination… Mais j’étais dans un brouillard taquinant l’agonie.
Mes filles voient sans doute dans mon delirium une chance d’héritage…

Délirium très mince     dans Nouveau magasin d'écriture de Hubert Haddad mail_bas

Limerick

9 août 2012

Un maître belliqueux
Trouvant sa classe trop calme
Ecrit sur le tableau visqueux
« Baston de tubas contre palmes!! »
Au pôle emploi depuis, il fait la queue.

Mon Voisin

11 mars 2012

Mon Voisin est un drôle d’oiseau
Il s’est trouvé une poupée
Refaite aux ciseaux
On en soupçonne la cause
Pourquoi cacher sa ménopause?
Elle vous trahira par ses bouffées!

Le toboggan

11 mars 2012

Dans le toboggan de ses veines
C’est la course à nouveau

Sur les calanques de l’Estérel
S’efface le pénible cadeau
Du cholestérol:
Un solide caillot

Dans le toboggan de ses veines
C’est la course : »Taiaut! Taiaut! »
Il jure dorénavant
D’arrêter la mayo.

CHARLOTTE

11 mars 2012

J’ai croisé Charlotte
Dans la navette pour Orly
Elle paraissait rigolote
Dans son imper brocoli

Mais un vrai despote
caché sous son minois poli
apparut et me mit les chocottes:

Un discours en coulis
Des propos de bloc-notes
Sans parler d’un énorme cafouillis,
une haleine de coyotte,
Un sourire au muesli,
Un parfum cancoillotte,
Une effluve de confit
Ou était-ce de l’échalote
Qu’elle m’expédiait par colis?

Je voulais rentrer dans ma grotte
Ne plus jouer les Gene Kelly
La navette à l’arrêt clignote…

Je m’éveille dans mon lit
le corps en compote
Mais dans quoi je barbote?
En plus j’ai fait pipi ?!!!?

Scoot que scoot

11 août 2011

L’autre jour, je troquai ma rituelle solo-balade en écouteurs pour une promenade à 2 en scooter, dans Paname au mois d’août.  


 Ca démarrait bien et puis ce fut la panade. 
Tout a débuté par une conversation au café du coin avec un habitant de mon quartier très sympa d’origine vénézuélienne. Ce dernier (que je nommerai ici Mr G) me vantant les mérites de son resto, me proposa d’y faire un saut d’un coup de 2 roues par ce beau soleil, et j’acceptai avec joie. 
 
Ca démarrait bien et puis ce fut la panade.  
Nous échangions nos impressions, grisés par ce défilé d’avenues et ruelles favorisant un autre regard sur la capitale .Pére Lachaise, ménilmontant, couronnes, arrêtés au feu de la place du colonel Fabien, je m’étonnais de cette bâtisse grande et  moche avec une pseudo géode devant, quand une voix à ma droite provenant d’une voiture de Police me répondit : »C’est le siège du Parti Communiste, Mademoiselle » et de  rajouter à l’attention de mon chauffeur latino  » après le feu , Monsieur vous vous garerez sur le côté ».

De suite, une petite paranoia pointa son nez chez moi comme chez mon vénézuélien: moi de penser ça y est mon chauffeur a un look à la Bob Marley, ils le prennent pour un toxico; lui de réaliser qu »il avait déjà bu 2 Leffes au troquet …! Pour détendre l’atmosphère, Mr G tenta une blague quant à la couleur jaunâtre du scooter disant qu’il l’avait acheté à un postier… blague qui tomba complètement à plat. 
Nos trois policiers ( oui car mon informateur sur le PC en cachait 2 derrière lui!) semblaient très intéressés par la plaque d’immatriculation du 2 roues, et en réalité, ils souhaitaient parfaire leurs connaissances sur la règlementation préfectoriale en la matière grâce à notre véhicule poussin.
Nous repartîmes (500?) soulagés  et les jolies ruelles de la butte nous firent vite oublier l’anecdote policière.Nous passâmes un agréable moment au resto de Mr G, un petit resto de quartier décoré dans des tons « fuego », nourriture excellente qui m’a permise de découvrir la saveur de la sauce Chimi Churri qui parait-il est une spécialité en Amérique Latine. Mais à l’heure où sonnent mes baillements, Mr G comprit qu’il fallait me ramener à la maison et 3 mojitos plus tard, il enfourcha sa bécanne postale.

Ca démarrait bien et puis ce fut la panade.
En mode Paris by Night, j’étais à nouveau séduite.
Mais, tandis que la caresse de la brise était en train de se transformer peu à peu en promesse de rhinite, je réalisais que la conduite de Mr G tendait à tanguer. Je crus bon d’endosser donc mon rôle de chieuse de la route et d’user de nombreuses interjections « freine ! » « le feu est rouge » cuisinant des « attention » à toutes les sauces pour garder une ambiance culinaire (!) auxquelles mon chauffeur répondait par un baratin vénézuélien.  J’espérais juste que nous arrivions saints et saufs  « scoot que scoot ».
 Ca démarrait bien et puis ce fut la panade.
Entre couronnes et Ménilmontant, nous fîmes la rencontre de toute une armada musulmane, et alors que nous tentions de nous frayer un chemin dans les rues du Ramadan, certains d’entres eux semblaient ne desserrer leurs dents que pour faire ripaille et nous lancer des insultes. (Non ceci n’est pas du racisme, pas d’amalgame j’ai des amis arabes et musulmans, mais mieux vaut faire un peu d’humour noir sur ces situations tendues que d’en nourrir de l’amertume).

Enfin après avoir contourné un camion de pompiers volant au secours d’un drame, Mr G me déposait chez môaaaaaaa.
Ca démarrait bien et puis ce fut la panade… mais c’était un moment de vie.
PS : Mr G se reconnaitra et il conviendra comme moi que j’ai du romancer et exagérer certains éléments pour rendre l’histoire + croustillante, cela ne change rien au respect que j’ai pour sa personne.

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